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Mohamed Sidati, Ministre-Conseiller auprès de la Présidence
de la
République Arabe Sahraouie Démocratique
DECLARATION
Avec l'adoption, le 4 décembre 1960 de la résolution
1514 (XV) portant octroi de l'indépendance aux pays
et peuples coloniaux, les Nations Unies ont imprimé
une impulsion nouvelle au processus de décolonisation
en faisant droit aux aspirations des peuples en lutte pour
la reconquête de leur liberté et leur indépendance.
Le droit à l'autodétermination, qui est un facteur
déterminant dans ce processus, et qui demeure, plus
que jamais, une règle applicable à toutes les
situations coloniales en vue d' y mettre fin, n'est toujours
pas accordé au peuple sahraoui malgré l'inscription,
à l'ordre du jour des Nations Unies depuis 1966, de
la question du Sahara Occidental en tant que problème
de décolonisation.
Et l'on ne saurait citer la liste complète des textes
qui réaffirment, depuis cette date, ce droit jusqu'à
la résolution 690 adoptée en juin 1990 par le
Conseil de sécurité prévoyant l'adoption
d'un Plan de règlement suivi de l'organisation d'un
référendum d'autodétermination qui permet
au peuple sahraoui de choisir librement sa destinée.
Depuis la signature des accords de Houston, le 16 septembre
1997 entre le Front Polisario et le Maroc, le Plan de règlement
était entré dans une phase avancée de
son application, notamment après le travail assidu
mené par la Commission d'identification qui, avec le
concours et les efforts de la communauté internationale,
avait réussi a établir une liste provisoire
des électeurs devant prendre part à un référendum
promis au début et constamment reporté par la
suite.
Le peuple sahraoui, était en droit d'attendre des
Nations Unies -garante du droit à l'autodétermination-
qu'elles utilisent toutes les occasions offertes par la Charte
pour amener le Maroc à respecter les engagements auxquels
il a souscrits. Nous nous devons de faire aboutir un processus
d'autodétermination légitime dont les Nations
Unies se sont reconnues la responsabilité de mener
à bonne fin mais qu'elles ont été, malheureusement
pour l'instant incapables de faire respecter faute de la mauvaise
foi du Maroc et de l'engagement de certains pays comme la
France qui continue de cautionner l'agression et l'arbitraire
.
Le Plan de paix n'est pas une option, mais un accord qui a
fait l'objet d'un consensus international. Et ce n'est pas
parce que l'une des parties, en l'occurrence le Maroc, y est
opposé que le référendum ne serait pas
pour autant valable et que le droit international peut être
ainsi remis en cause.
Nous assistons actuellement à une campagne tout azimuts
par la France pour défendre les thèses expansionnistes
du Maroc au Sahara Occidental. Elle ne ménage aucun
effort pour imposer " le plan-cadre " qui n'est
rien d'autre que l'intégration programmée et
l'annexion à court terme du Sahara Occidental au Maroc.
Mais ce qui est qui est plus préoccupant encore dans
cette man¦uvre qui tend à confisquer un droit
inaliénable du peuple sahraoui qui a consenti d'énormes
sacrifices humains en plus du douloureux exil qui perdure
depuis vingt sept ans, c'est l'implication des Etats Unis
et de la Grande-Bretagne pour promouvoir le plan cadre sur
instigation de la France. Or il convient de rappeler à
ces trois puissances leur responsabilité en tant que
membres permanents du Conseil de Sécurité et
leur devoir de faire prévaloir le Droit sur la force.
Si par malheur on vient à imposer le " plan-cadre
" qui est nul et non avenu, et qui a été
rejeté parce que illégal, et parce qu'il aliène
le droit de tout un peuple, cela revient à une déclaration
de guerre au droit au Peuple Sahraoui, et partant génèrera
davantage l'instabilité, l'insécurité
dans la région. " l'accord-cadre " est contraire
à la légalité, car il vise à évacuer
le droit pour lui substituer le brigandage et l'escroquerie.
En effet le " plan cadre ", outre qu'il " légalise
" l'annexion du Sahara Occidental , consacre l'exploitation
illégale de ses richesses et le pillage de ses ressources.
Les accords conclus entre le Maroc et les deux compagnies
pétrolières, l'américaine Kerr-mcGee
et la française Total Fina Elf en est l'illustration.
Au moment ou le Conseil de sécurité s'apprête
à examiner de nouveau la situation du conflit du Sahara
Occidental, nous sommes en droit de demander à la communauté
internationale et des autres pays membres du Conseil de Sécurité
de continuer à défendre courageusement le Droit
et la Légalité, et les préserver des
tentatives éhontées d'altération et de
dénaturation. Le peuple sahraoui ne peut tolérer
ainsi une déviation du processus de décolonisation
du Sahara Occidental. Il est important voire urgent de continuer
à prendre conscience de la gravité de la situation
et de la sinistre conspiration qui vise à passer outre
le Plan de Paix.
Il s'agit, par ailleurs de sauver la crédibilité
de l'ONU et de son Conseil de Sécurité sérieusement
entamée et de sauver également les chances d'une
Paix juste et durable au Sahara Occidental. La mise en ¦uvre
du Droit à l'autodétermination du Peuple Sahraoui
étant la clef dans toute cette problématique.
En dehors de son respect point de salut.
Tout la question consiste à savoir si le Conseil de
Sécurité, en tant qu'institution, est désormais
disposé à freiner les ambitions territoriales
insatiables du Maroc et de se poser des questions sur le rôle
réel de la France, soutien inconditionnel de celui-ci
dans sa politique expansionniste. Le royaume marocain n'hésite
plus à passer aux actes, son coup de force contre l'Espagne
l'illustre. Ses actes d'agression, doivent être contenus
et neutralisés, faute de quoi la Paix et la stabilité
dans le pourtour ouest méditerranéen seraient
gravement menacés. L'objectif de Paix et de sécurité
ne serait plus dans ce cas qu'un v¦ux pieux.
Nous croyons fermement que les enjeux de la légalité
, de la sécurité et de la stabilité pour
tous les peuples de notre région commandent de se départir
de ces visions étroites Car le vrai pari est d'aboutir
à une solution juste et durable qui ne saurait se concevoir
hors de l'attachement loyal aux engagements puisqu'ils représentent
le meilleur gage d'une solution véritablement durable.
Bruxelles, 16 juillet,2002.
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